Dauga et son petit gang portent la bonne parole, la ou le rock vit, se développe et se régénère : sur toutes les scènes de l’hexagone !
Oui, on peut dire, avec un certain recul, froid et médical, que le rock est un virus… Apparu il y’a maintenant plus de 50 ans, au sud de l’Amérique du nord. Chose très rare, il s’agit d’une pathologie tenace, dévastatrice et quasiment inguérissable mais fabuleusement bienfaitrice qui rend ses victimes « heureuses » ! On l’attrape généralement au sortir de la petite enfance, ou à l’aube de l’adolescence, disons en pleine puberté lorsque certaines hormones apparaissent. Il prodigue une sève et une fougue qui ne quittera plus jamais le corps contaminé… Comme tout puissant vecteur, il se joue des frontières et des cultures « locales », il peut même changer leur identité. Il possède ses spécialistes et praticiens chevronnés : Dr John, Dr Feelgood les bien nommés, experts en tous soins, ainsi que toute une foule de médecins dévoués, Beatles et/ou Stones en tête. La banlieue de n’importe quelle ville de l’occident est le terrain de prédilection où aime se propager « la bête ». La France, terre d’accueil bien connue, est, bien sûr, très réceptive et totalement imprégnée de la sulfureuse molécule.
« Visité » par le souffle puissant des bons docteurs Anglais, Phillipe Dauga, bassiste de son état, fait partie de cette armée d’intoxiqués notoires. Il a très vite le bon goût de mettre sur pied un petit groupe composé de quelques potes passionnés comme lui (Vincent Palmer aux guitares et Dynamite Yan à la batterie). L’optique musicale choisie, nette précise et sans bavures, va vite propulser le trio au devant de la scène rock Française. À peine signé par un label, le groupe répondant au doux nom de
BIJOU, fait un malheur au festival rock de Mont de Marsan (1975). Leur set concis et serré les place d’emblée parmi les meilleurs chevaliers du genre. En pleine période pré-punk, cruciale pour les années à venir, ils proposent un rock racé ultra efficace et, à souligner d’un grosse marque rouge, font « rocker » et swinguer la langue de Molière, le tout sur des accords délicieusement basiques. La fraîcheur de leur son tire un trait définitif sur la mouvance « progressive rock » qui sévissait gravement à l’époque (oui, il fallait jouer vite, beaucoup, longtemps et si possible en gamme orientale…).
Les albums s’enchaînent avec succès et le public ravi répond présent. Sur le disque O.K. Carole , l’alchimie créée par la poésie rock
des textes, les guitares nerveuses et assassines et les basses/batteries subsoniques de Dauga/Dynamite turbine à 1000%. La concurrence est rude, au dehors, mais BIJOU devient le symbole d’un rock charmeur et puissant. Le groupe donne et développe ce concept sur toutes les scènes du pays. Le Dandy suprême, Serge Gainsbourg ne s’y trompe pas, il les repère et leur offre quelques compositions comme « les Papillons noirs » et « Betty Jane Rose » que le groupe transformera en pépites rock. Leurs passages répétés à l’Olympia de Paris, salle Mythique, puis à l’Hippodrome ne feront qu’enfoncer le clou de cette belle reconnaissance. Les trois compositeurs « maison » avec l’aide précieuse de Jean-William Thoury (ami, manager, parolier…) ne sont pas avares de créativité non plus. Les tubes comme « Rock à la radio » ou « Le Kid » envahissent… Justement…
Les ondes. Mais… Il est bien connu que tout ce qui monte (risque de) (re)descend(re)… Petits problèmes conjugués d’ego et de label, puis tout le monde se met au vert ! Chaque membre du trio choisit sa route, Mais Dauga n’entend pas lâcher l’affaire ainsi.
En amoureux définitif de la chose rock, il se lance dans quelques projets solos en collaborant notamment avec la fine gâchette anglaise Billy Bremner (membre du phénoménale Rockpile de Nick Lowe/Dave Edmund, on fait pire comme camarade de jeu…). Digne héritier du label « Bijou », Philippe Dauga ne désespère jamais de relancer la belle machine rutilante qu’était son groupe. Le virus dont il est question plus haut ne cesse de frapper à la porte… Et Dauga en est hautement le porteur (sain !) et même gravement atteint ! Il fallait juste attendre le bon moment pour trouver les bons partenaires, valeureux soldats d’une même bataille, fervents militants de la même cause…
Avec Patrick Llaberia aux guitares et Franck Ballier aux fûts, la mission est relancée de mains de maîtres lors d’un chaud concert au Plan de Ris-Orangis en décembre 2004. Plus que jamais, en ces temps incertains de musiques formatées où les nouvelles technologies et d’autres façons de
consommer les notes créent le trouble, il est besoin de se munir d’un « petit Bijou » qui respecte et garde intact un rock énergiquement basique. Hors des modes circonstancielles et se méfiant des « sons dernier cri » dont la durée de vie ne dépasse pas celle d’un papillon fusse-t-il noir… Armés d’un tout nouveau CD au titre explicite (Redescends sur terre), mais au but avoué de nous monter vers le 7eme Ciel, Dauga et son petit gang porteront encore longtemps la bonne parole, la ou le rock vit, se développe et se régénère : sur toutes les scènes de l’hexagone, ou même d’ailleurs, justifiant suffisamment de puissance au compteur électrique pour supporter ce groupe sous haute tension ! Ici, Maintenant et plus que jamais, ce Bijou là nous est, vous est… Précieux !
Tony Grieco
En accord avec iSTUDIO
MY SPACE : http://www.myspace.com/bijousvp2008
ALBUM LIVE 2007
(pour écouter un extrait, cliquez sur l’icone du HP)
EXTRAIT VIDEO LIVE - BijouSVP - Si tu dois partir